"Simplicité du chant de la déraison, folie du vent dans mon coeur."{Journal, Frida Kahlo}

"Simplicité du chant de la déraison, folie du vent dans mon coeur."{Journal, Frida Kahlo}
BeFoRe
{ or not }

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# Posté le samedi 18 juillet 2009 11:26

Modifié le lundi 20 juillet 2009 12:05

"Grand Dieu!...Pourquoi suis-je moi?"{Le Rouge Et Le Noir, Stendhal}

"Grand Dieu!...Pourquoi suis-je moi?"{Le Rouge Et Le Noir, Stendhal}
Voix.

Hell gratte, comme une dératée. Son seul sport d'ailleurs, il faut bien l'avouer: il n'y a que la plume qui court. L'analyse des opinions de la famille Hyun est en train de se transformer en manifeste pour l'intégration. Ou plutôt: contre la non-intégration. Parce que si son faible dictionnaire mental d'allemand lui permet de dénoncer tous les préjugés auquel se heurte l'intégration et les injustices qui en ressortent, pour expliquer ce qu'Hell pense être les éléments d'une bonne intégration, là, ça pêche. Hell sait bien ce qu'il faut mettre, et même ce qu'elle veut mettre. Que la méthode Hyun n'est pas la bonne. "Je peux le comprendre", écrit-Hell. "Mais je ne peux pas l'admettre", a-t-Hell envie d'ajouter. Admit? Aknowledge? Et en allemand? Bon, la transition passe aux oubliettes. Hell a envie de leur dire pour une fois, que non, européaniser son nom ne facilite pas l'intégration, que ça n'est qu'abdiquer dans le combat CoNtRe les préjugés et pOuR l'égalité, et que la vraie question n'est pas seulement ce que doivent faire les gens pour bien s'intégrer, mais ce que l'on doit faire pour leur permettre de s'intégrer. Hell a bien envie de dire que c'est à double sens, que c'est un problème vaste et profond, bref, envie de s'exprimer. Parce que là, oui, elle agit, elle pense, elle crée, elle vit, elle s'investit, pour une fois tout est là, c'est du live.

Le manque de vocabulaire lui fait relever la tête. Soleil, vent, les mêmes bruits, les mêmes toits. L'adrénaline retombe. Ce ne sont que des mots, une illusion de plus, d'ailleurs Hell n'a même pas d'idées claires. On croirait une enfant qui crie avec des mots savants, plus pour crier que pour dire vraiment quelque chose. Alors quoi, ce serait ça son unique vérité? De l'abstrait, du scolaire: encre, papier, conformisme et vocabulaire. Bizarrement, pour Hell, c'est quand l'épreuve s'arrête que la chape retombe au lieu de s'envoler. C'est à nouveau le vide, la lâcheté, l'inaction, l'absence de tout: opinions, envie, motivations, idée. Ils retournent tous à leurs occupations, L revient à Hell-même, c'est comme une claque. Merde, tout ça pour en arriver à du Pascal.

Sur la route, Hell voit ces mômes (oui, un an de décalage et ce sont des mômes, un point c'est tout XD ) revenir avec des bouteilles vide plein les bras. Hell pense, ça me rapelle quand nous...quel "nous"? Il n'y a pas de "nous", Hell n'a jamais été des leurs, ça n'était rien qu'un leurre, eNcOrE. Pourtant Hell a bien envie de la retrouver cette sensation, qui étrangement se rapproche de celle d'un examen. Etre hors de soi et plus que jamais dans le vif à la fois. Quand même penser devient réel. Heureusement, Hell ne médite pas plus longtemps car tombe sur Elles: la troisième chose réelle. "On pourrait faire ça, mimer, caricaturer des mijaurées!". Hell ne croit pas que leur jeu soit un art, tout ce qu'Hell touche ne se transforme pas en or, mais en merde. Oui, en merde, pas en cendre: le laid reste laid, pourquoi s'aveugler? Mais Hell en rit quand même, car elles sont elle-mêmes des caricatures: de L, de Hells, de Elles: sauce mixe pour la nouvelle recette Salad Bowl. Justement tiens, quand on parle d'intégration...Après, Elles rient, mais ça ne se raconte pas. Parce que ça, ça existe, c'est tout. Donc oui, plus fragile, plus éphémère, encore plus faux en quelque sorte, car il n'y a aucun moyen de le sauvegarder vraiment. Mais réel. Mais chut.

Silence

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# Posté le samedi 18 juillet 2009 11:27

Modifié le lundi 20 juillet 2009 12:04

"Je mourrai en allant cueillir la lune dans un étang, un soir que je sera saoul.'{La Condition Humaine, Malraux}

"Je mourrai en allant cueillir la lune dans un étang, un soir que je sera saoul.'{La Condition Humaine, Malraux}
llllj
Fallait-il dire comment, fallait-il dire pourquoi, Hell s'est simplement assise, une bière à la main pour être encore sure d'être remplie d'amour. "Tu es fatiguée?" - que non, je ne suis pas ailleurs, je suis juste nulle part, et je plane juste un peu. "Plus vous grandissez, moins vous aimez on dirait" - "Non, j'aime grandir". Hell aime l'accroissement du dégoût, qui entraîne celui de l'amour. Sans cela, l'indifférence la coule. Cela déjà écrit, il me semble: Escalier C...La souffrance et la joie, le dégoût et l'amour: toutes les sardines nagent en eaux troubles.

Le lendemain, même chose, sans les grands parents. Déjeuner à trois, comme avant. Elles semblent se disputer, une vague question d'argent apparemment. Hell s'en moque, et dans l'indifférence générale se ressert: " Allez en-core un der-nier veherreuh", les paroles reviennent. "Que faire cette après-midi?" - "Boire" a-t-Hell envie de répondre. Evidemment pas. Hell sourit et puis coule. En beauté? Peut-être pas.


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# Posté le samedi 18 juillet 2009 11:29

Modifié le lundi 20 juillet 2009 12:05

"Les limites de la décence implicitement requises dans le cadre d'une conversation humain"{Les Particules Elémentaires, Houellebecq}

"Les limites de la décence implicitement requises dans le cadre d'une conversation humain"{Les Particules Elémentaires, Houellebecq}
[eNcOrE beaucoup de mots. Effacés.]

Ici n'est rien écrit: ne pas oublier les limites.

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# Posté le samedi 18 juillet 2009 11:28

Modifié le samedi 25 juillet 2009 13:31

"Voici de retour cette aimable inhumaine."{Cinna, Corneille}

"Voici de retour cette aimable inhumaine."{Cinna, Corneille}
Et si...et si la question n'était pas celle qu'Hell croyait? Si la question n'était pas réellement "Les gens pourront-ils l'accepter et l'aimer" mais "Pourra-t-elle accepter ce qu'elle est, ce que sont les gens, et les aimer?". Comme le lui a dit quelqun, il n'est pas étonnant qu'Hell aime le rugby, car Hell a une fâcheuse manie de botter en touche. Et c'est vrai, Hell le sait, Hell provoque les duels, pour s'amuser, pour emmerder la vie en lui donnant du goût, se prouver qu'Hell sait jouer aussi. Mais à la moindre réaction en face, Hell bat en retraite, se faufile hYpOcRiTeMeNt entre les mailles de ce qu'Hell considère comme un filet: l'eNgAgEmEnT. Sous toutes ses formes. Hell a dit une fois que c'était pour être LiBrE, et on lui a répondu, ce qui est revenu après souvent, que les autres étaient nécessaires pour ça aussi. Hell le sait. Hell l'accepte. Oui, pour être honnête, Hell a mis le temps quand même! Seulement, Hell a besoin d'un temps fou pour que les gens s'inscrivent en Hell, en tant qu'individus, pour ce qu'ils sont, et non plus comme symboles irréels. Sinon, ou Hell les laisse libres, les fuie ou les repousse, ou Hell les enchaîne, les prends, et les jette, et les reprend: sorte de capitalisme égoïste où Hell dévore la mie de pain tout en balançant la croute. Ramasse qui voudra. Heureusement, Hell n'est pas si pleine que les gens en soient brisés - c'est humiliant, en quelque sorte, de ne même pas pouvoir faire de mal. Heureusement que certains lui ont quand même ouvert les yeux sur la "réalité" des choses. Il n'empêche....Hell a peur. Du bonheur? Peut-être. Hell ne sait pas, elle ne voit jamais de bonheur dans les formes d'engagement: quand il faut être responsable, prendre des décisions, définir les relations avec les gens, Hell pense rarement "Maintenant ça sera mieux": c'est plutôt comme un poids qui lui tombe sur les épaules. Hell n'aime pas que les choses soient claires, irréversibles, pourtant Hell est aussi soulagée quand elles le sont: Hell est heureuse de savoir sur qui Hell peut compter. Mais le plus souvent, Hell se sent comme une sorte de monstre, une bête sauvage avec laquelle jouent les gens normaux, un animal qui ne comprend pas qu'on se moque de lui et qu'il risque de finir à la casserole. Ne jamais être ce chien qui réclame des caresses mais dont on est lassé. Et si l'être humain ne joue pas, Hell sait que c'est bien pire, que le risque de devenir le chien à l'heure de se transformer en loup-garou est encore plus fort. Mieux vaut que tout ne soit que jeu, sans conséquences et sans chaînes. Même si ça ne laisse aucune chance. Car Hell sait que du jour où elle tenterait de poser la carte finale au sommet de l'édifice, le chateau de cartes qu'Hell a eu tant de mal à batir s'écroulerait. Alors comme tout n'est que jeu, si un jour la dernière carte se montre, Hell ne l'utilisera que dans la bataille. Parce que la pioche est trop mince pour ériger d'autres châteaux.

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# Posté le samedi 18 juillet 2009 11:27

Modifié le lundi 20 juillet 2009 12:02

"C'est qu'il faut bien citer ce qu'on ne comprend point du tout dans la langue qu'on entend le moins."{Micromegas, Voltaire}

"C'est qu'il faut bien citer ce qu'on ne comprend point du tout dans la langue qu'on entend le moins."{Micromegas, Voltaire}
"Madame rêve", mais comment fait-elle? Overdose d'informations, de nouvelles: le principe de devoir s'user des heures durant les yeux sur un écran, pour se gaver d'injustices et d'inégalités, tout ça pour réussir sa vie, me paraît bien douteux. J'dois casser mon bout de sucre sur leur dos de leur malheur, montrer que je maîtrise le sujet de leur douleur. "pour une grimace ou un rictus, de plus, j'fais des heures sup', je m'en donne de la peine, je cogite et je m'agite". J'essaie d'ingurgiter, de m'imprégner, au point de raisonner comme eux: il faut se lever, se battre pour ses idées, au diable si ça ne sont que opinions toutes faites qu'on s'est fourré dans la tête: il faut y croire, même si l'on y croit pas. "Vos luttes partent en fumée, vos luttes font des nuées, des nuées de scrupules, vos luttes partent en fumée, sous les yeux enfumés, d'étranges libellules". Le seul moyen de décoller, de s'envoler, elles seront bien vraiment miennes un jour, ces foutues idées, il faut juste commencer à marcher. "J'ai dans les bottes des montagnes de questions", s'ils me donnent des réponses ça pourra s'alléger, et j'continuerai à marcher. Peu importe les prises de conscience, peu importe les doutes, il faut se droguer à la vie coûte que coûte: si je me plante, que ce soit en beauté. "Osez osez, Joséphine", foncer la tête haute, cacher cette triste mine.

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# Posté le samedi 18 juillet 2009 11:28

Modifié le lundi 20 juillet 2009 12:01

"Je ne vais pas pleurer pour vous faire plaisir."{La Maison De Bernarda, Garcia Lorca}

"Je ne vais pas pleurer pour vous faire plaisir."{La Maison De Bernarda, Garcia Lorca}
Game over, répond en substance le site d'admission, vous n'êtes pas prise, et tout ça pour quoi, pour de l'anglais. I hate l'anglais, je veux apprendre le russe. Le lapin d'Alice a perdu sa merveille, le décompte de sa montre s'est arrêté, mais il continu à courir à toutes jambes, pour ne pas voir, pour ne pas y penser. Si longtemps Hell n'y a pas cru - n'avoir de foi en rien, il faut bien respecter ses principes. A quel point la tendance s'est inversée, Hell n'a pas su, Hell n'a rien vu: par esprit de contradiction, au moment où ils auraient commencé à comprendre que rien n'était joué? No way, ils n'ont jamais cessé. Hell s'est pourtant parjurée, laissant fleurir un espoir incertain - matricule 070691, vous ne respectez pas les règles, vous savez bien ce qu'il arrive alors: le buldozer est venu massacré mon bourgeon, butinage par trop précoce d'un inconvenant bourdon, nullement question d'écologie ici. Et le mot sort tout seul, post-scriptum éternel: EnCoRe. Et la suite de l'histoire? Oh oui, Hell l'a connaît. "Alice est née au pays des cauchemars, Alice est tombée dans un trou noir". Alice ne passera pas de l'autre côté du miroir. L'action, c'était un mirage, EnCoRe, Hell n'est pas née pour aider les autres, mais pour s'embourber dans l'abstrait: ce sera philo, grec, latin, antiquité, mais à coup de bouteilles et d'insolence je ne vous laisserai pas me tuer. Et j'apprendrai le russe?

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# Posté le lundi 20 juillet 2009 11:48

Modifié le lundi 20 juillet 2009 12:08

"C'est maintenant qui importe: construire, maintenant, quelque chose, à tout prix, de toutes ses forces.[...] Oui, c'est ça, un toujours dans le jamais.[...] La beauté dans ce monde."{L'Elégance Du Hérisson, Barbery}

"C'est maintenant qui importe: construire, maintenant, quelque chose, à tout prix, de toutes ses forces.[...] Oui, c'est ça, un toujours dans le jamais.[...] La beauté dans ce monde."{L'Elégance Du Hérisson, Barbery}
"Chaque jour tu changes un peu plus. L'an dernier c'était des vêtements excentriques et un caractère fermé, maintenant tu t'ouvres de plus en plus." {Fred} S'ils en est pour qui cela vrai, l'illusion ne devient-elle pas réalité? Après tout Hell n'écrit plus qu'ici, et je peux vous toucher. Détail infime mais non minime, quand la barrière était en outre physique: "Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard, je ne suis pas apprivoisé". La raideur s'évapore, un peu, ça n'est pas ça encore. Hell s'est habituée, acceptant parallèlement pour la première fois les limites: "Je déteste les compromis"? Accepter nos différences, accepter le fossé, accepter que tous ne soit pas parfait, qu'un rire un peu forcé peut tout améliorer, car si je mens et que vous y croyez, tout deviendra réalité. Plutôt que de leur cracher au visage, cercle vicieux Hell leur reproche de ne pas l'empêcher de couler alors qu'Hell refuse d'admettre qu'elle a quitté le bateau et ne sait pas nager, un cercle vertueux, où Hell joue à nager avec eux, ce qui l'oblige à le faire vraiment. "La première fois tu t'es plantée devant moi en disant: je suis pacifiste, je ne frappe qu'en cas de nécessité!" {Greg} - "Moi, j'ai dis ça?!?". Ça n'est pas mon souvenir, mais il faut bien le dire, le temps se passe, les mots se cassent, les mensonges se déplacent. Il ne reste qu'ici, cette nuit, et les rires magré les compromis.

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# Posté le lundi 20 juillet 2009 18:45

Modifié le mardi 21 juillet 2009 08:53